Un Ben à Caraz - 7ème Episode - Carnaval !
Dimanche 22 Février, dernier jours de Ben au Pérou ... et pas du moindre puisque c'est celui du Carnaval!
Nous petit déjeunons à la Turista - notre café favoris - avant de nous faire rappeler à l'ordre par Oscar. En effet suite à la soirée de la veille, le rendez vous fixé à 8h à pris un peu de retard.
Pourquoi ce rendez vous ? Parceque Carnaval oblige, nous devons nous déguiser! Et en quoi? Et bien en habit traditionnel bien entendu!

Et pour le coup, et bien c'est nos copains de la municipalité qui nous ont loué nos vêtements multicolors. Ainsi, bien qu'en retard sur l'horaire prévu, nous arrivons juste a temps pour nous déguiser. Jupe rouge, chapeau blanc d'un kilo, rose a lèvre, petit haut, petits seins (en maté pour certains - récipient pour boire la chicha fait de cucurbitacé séchés et peins - verres en plastiques ou patates pour d'autres) et un peu de farine sur le visage, nous sommes fin prêt.


Pour notre sortie mais également tout au long de la journée, nous serons accompagnés d'une petite "banda" - un petit orchestre - jouant merveilleusement bien.
Nous y retrouvons Josué le talentueux joueur de flûte qui nous apprendra a jouer de la "quena" mais également Jaimé - le prof - que l'on retrouvera plus tard dans des cours de danses ...
ah ah ... n'en disons pas plus ... ca sera pour plus tard ca!

Revenons à notre sortie de la maison d' Oscar ... hum hum comment décrire tout ca... Imaginez une sorte de haie d'honneur, ou de couloir à bestiaux - au choix - constitué de tous les badauds Caraziens voulant voir le défilé. Ainsi, de chaque coté de la chaussé, entassés sur les trottoirs une multitude de visages à la fois étonnés et amusés nous regardent ralier notre place avec la municipalité dans le cortège. Nous nous y rendons en musique ... dansant, remuant du popotin, saluant la foule qui au premier regard perplexe, nous lancent très vite de grands sourires, de vifs sifflements et des applaudissements plus que nourris - Je recevrai même une main au fesse!
Au fur et à mesure de la matinée, nous ne nous contentons plus seulement de faire tourner nos belles jupes, nous mettons en effet en place une choregraphie qui fera le bonheur de la petite foule.

En quelques mots, ca donne ca :
On avance en faisant un salut en "courbette du chapeau" - Puis en faisant un pas en arrière on remet en place notre couvre chef - Ensuite hop hop un petit tour sur nous même pour faire enfler notre jupe - Et enfin tadam, nous terminons par un lever de jupe "avant arriere" - à l'écossaise diront certain, à la french cancan diront d'autres.
Une petite vairante sera de remplacer le fameux montrage de culotte/caleçon par un trémoussage de nos pulpeuses et il est vrai, très instables poitrines.

Au final, ces deux "mouvements" nous feront remporter le premier prix du Carnaval à l'unanimité!! Notre accoutrement étrange nous vaudras également une véritable petite séance de photographie avec "les adolescentes sous le charmes", "les mamys et papys amusés", "le petit dernier qui pleure effrayé" ... On aura même droit le soir à une visite en la casa de 4 minettes voulant "discuter" ... les braves garçon me laisseront me dépatouiller avec elles pendant plus d'une heure avant que Ben ne vienne finalement me sauver!





Mais parlons un peu de ce carnaval ... qui se transformera parfois en véritable piège ; soit parcequ'on se fait servir de la "chicha" (alcool de maïs) à tir-la-rigot, soit parcequ'on devient la cible de ballons d'eau des petits et grands Caraziens...


Et bien il s'agit d'une multitude de couleurs qui courent partout dans les rues, des chars propres à chaque quartiers prônent leur miss, les gens se balladent en costume traditionnels jaune, rouge, orange, bleu ... ca en fait presque mal aux yeux! (la chicha aidant!), de superbes montures défilent, montées de leurs cavaliers tout de blanc vêtu ... d'autres ressemblent à d'effrayants polichinels jouant dangereusement avec des fouets de 3 à 4 m de long ... Tout ceci est accompagné de mille et une "banda" qui suivent leurs quartiers / leurs groupes / etc / alimentant du même coup les jolis mouvements des "vrais" danseurs et danseuses traditionnels.






Débarassé de toute espèce de sentiment de honte ou de retenue, ennivré par cette petite pensée de "faisons n'importe quoi et faisons le jusqu'au bout", nous nous laissons aller devant la tribune du maire. En ce sens, et sous les incitations et directives d'Oscar, nous mettons le feu avec nos deux choregraphies précedemment citées. Puis pour clôturer le tout, "pliant" sous la demande, je m'approche de la tribune continuant à me trémousser la poitrine. Je plonge ma mains dans ce qui me sert de corsage, je cherche, je touille, ca ne veux pas venir ... hop ... si ca vient, j'en sort un maté que je remplie de chicha et que je tends au maire. L'ayant bu à moitié, je le termine et d'un geste ample et élégant (ah ah), je le replonge dans mes étroits vêtements.
Voila, j'ai récupéré mon sein!
Cette petite scène ferra beaucoup marrer et parler les gens. Plusieurs personnes croisées dans la rue, au resto ou autre me reparleront avec un grand sourire de ce moment.

Plus tard, après nous être changés, nous filons à la feria pour la suite des festivités. La coutume veut en effet que l'on abatte un arbre rempli de victuaille. Le cortège de pseudo-bûcherons fait alors une ronde / farandole tout autour du dit arbre, puis chantant, dansant, accompagnés de musiciens jouant des airs entraînant, un couple est convié à "entrer dans la ronde" et à donner quelques coups de hâche rythmé par une petite danse.
La personne qui donne le dernier coup se retrouve être celui qui devra garnir l'arbre l'année suivante. Officiellement, la coutume veut qu'il offre le double de garniture que l'année précédente. WOU OU =)

Après cette longue journée, nous filerons au marché avec Ben pour dénicher quelques graines et semences à planter dans le petit jardin familial francais.