Première semaine sur le site
Et paf, nous voila sur le grand depart pour démarrer notre travail sur le terrain ...
Après moultes et moultes achats en tout genre effectué dans le "marché magique" de Caraz, - fruits, légumes, miel, miel a la tomate, hamecon, bache pour la tente, casserole, sandale faite en pneu, lance pierre pour tuer les perdrix ... -nous avons pris un petit "collectivo" (entendez par là un bus 15 places) pour grimper jusqu'au village de Yundoy.

Arrivé au dernier Pueblo avant le site, Mario, le chef de la communauté nous a aidé à monter tout notre barda. Pour ce faire, nous avons eu recours a une vieille anesse de 18 ans aux reins très solides qui, bon gré mal gré, a bien voulu transporter une partie de nos affaires jusqu'au site de campement.
Notre tente est plantée en contrebas d'un mur sur lequel on s'est amusé a faire un petit coin feu - je vous raconte pas les patates a la braise qu'on se régale a déguster avec le fromage local en guise de tartiflette -
La configuration de notre petit coin de vie a été le sujet d'une discussion des plus réfléchis ... des compromis ont du etre fait - un sol moins plat qu'il faudra donc terrasser - mais en contrepartie une protection contre les intempéries et contre les "vaches sans gêne" accrus grâce au mur existant et à la construction d'un petit autre comme en atteste la photo suivante ...
On peut vous dire que les Incas savaient y faire pour construire des trucs qui durent ... il est très long de faire avec nos dix doigts d'europeen un edifice comme on voit au premier plan qui tienne la route ...

Qui plus est, un ingénieu système concu par l'adepte de "copain des bois" a permis la mise en place d'un portail/porte qui doublé d'un jeu de ronce posés ca et la permettent de tenir moutons vache et taureau éloignés de notre mangé.
Cette dernière construction a fait des émules ds la population paysanne proche - et on s'amuse du sommet des flancs des montagnes avoisinantes, a voir quelques bados s'arreter devant cette prouesse technologique !
Pour ce qui est de notre travail quotidien, nous nous levons "quand les poules", aux environs de 6h - 6h15. Après un petit déj robuste, nous partons pour 4h30 - 5h30 de marche a travers la pampa. Le but étant de géoréferencer les bofedales existantes, d'obtenir leurs superficies, mais également de trouver par quels systèmes elles étaient alimenté, etc.
Et c'est ainsi que nous avons crapauté pendant 4-5 jours entre 3300 et 3900 m pour dénicher le canal asséché par manque d'entretient, la prise d'eau caché derrière les ronces ou sous le quenoal, les checks dams et murs de soutenements recouverts de mousses, herbes et buissons d'épineux...
Souvent fatiguantes, ces ballades nous ont permis de découvrir une grande grande partie du site ... nous offrant au détour des panoramas idylliques!
Au détour d'une gorges, au sommet d'une petite crete, nous avons ainsi pu decouvrir des tombes et sites funéraires magnifiques. On se demande vraiment comment ils faisaient pour mettre en place de tels édifices!
Outre la technicité de la disposition de certaines structures, il est assez fou d'essayer d'imaginer la force de travail qui était nécessaire pour bouger, creuser et mettre en place certains blocs!
Quel sorte de système social a permis de mettre en place de telles sites ... qui permettait a ces pueblos de mettre en place des murs, canaux, bofedales, terrasses, tombes ... ce mélange de structures collectives et individuelles tout aussi impressionnantes les unes que les autres ...
Si quelqu'un a une idée, je suis preneur! Car c'est surement pas notre société individualiste qui permettrait la mise en place de tout ceci!
Bref, ne nous emportons pas ... continuons plutot notre émerveillement quotidien!

Nous avons suivi, gràce au flair de sylvère un petit bout de quebrada qui nous a conduit vers 3700 m à un canal en bonne et dûe forme qui longeait le flanc de la montagne jusqu'a une magnifique cascade située à 3900 m.
Un manque cruel d'entretient qui s'assimile pour nous à un méconnaissance de l'existance de ce canal à conduit a son asséchement. En effet, au bout de 50 m en partant de la fameuse cascade, 2 énormes fuites - dûes a un amas de cochonneries organiques en tout genre - lui faisait perdre les 95 pourcent de son eau.

Retrouvant les joies d'antan à jouer à croupis ds la terre humide avec les mains ds l'eau, nous avons nettoyer sur une centaine de metre la section de passage obstrué par je ne sais combien d'année de dépot de feuilles, d'amas de sédiments, de brindilles et de branchage.
La machette prêtée par Mario, et conduite par la main de sylv a été des plus utiles pour arriver à nos fins! 2h 30 a 3h plus tard, l'eau recirculait a fort débit!
Ô bonheur de gosse!
On se marrait a descendre droit ds le pentu et attendre l'arrivée de l'eau ds le canal en contrebas ... ca c'est du boulot en plein air!
Bref bref, après ces petites folies champetres, nous nous sommes lancés dans une entreprise des plus périlleuse (fatiguante) - le creusage de trou.
Et oui, pour étudier les bofedales, nous avons besoin de savoir comment elles sont constituées. De là le trou!

Pour notre premier, on a pas fait les choses a moitié : 2 X 1.5 par 2.4 m de profond ... et tout ca sous l'oeil attentif des moutons .... ca fait mal aux bras ... surtout quand on sait qu'il va falloir l'étudier puis vite le reboucher avant la nuit pour pas qu'un bado tombe dedans ...

L'anecdote amusante a été de voir la tete des deux gosses qui sont arrivés de leur village 250 m plus bas pour jouer sur la seul zone plate du bled et de voir que deux clampin-gringos armés de chapeau et se perdant ds leur trou leur avait pourri leur terrain de jeu!
Voila donc pour la première semaine passée a Pueblo Viejo.
Nous avons des vidéos très marrantes et très intéressante mais la lenteur de la connection génerale à Caraz empeche toute mise en ligne de ces peliculas. Il faudra donc attendre le retour a Bogota ou peut etre a Huaraz dans quelques semaines pour avoir un combo des meilleurs moments sur pellicule.
bonne semaine à tous - pour notre part, on remonte sur le site ds moins d'une heure pour re-une semaine de creusage de trou.
a bientot!