Pueblo Viejo ... decouverte du site
Bonjour bonjour !
Voici maintenant une petite semaine que nous sommes à Caraz.
Durant 3 jours, nous sommes partis sur le site archéologique de Pueblo Viejo, sur lequel nous allons travailler pendant un petit mois..
Cette excursion de quelques jours avait pour but de découvrir le site en question, de faire un petit tour du "propriétaire", de repérer les bofedales, les canaux d'alimentation de ces dernières, mais aussi les terrasses, l'emplacement du campement, ... etc..
Pour ce faire la municipalité nous a alloué un 4x4 qui a bien voulu charrier, une heure durant, nos sacs et compagnies au village le plus proche du site : Huandoy.
La montée au village de Huandoy a été caillouteuse, rebondissante, et trébuchante, mais notre attention n'a été guère porté sur nos hématomes en formation, sinon sur les magnifiques paysages de part et d'autre de la route.
Le village est constitué d'une petite communauté de 50 habitants environ. Les maisonnettes abritent une famille de 4 ou 5 personnes, des moutons courent de partout, des vaches et cochons sont attachés ça et là pour brouter l'herbe d'un vert "gazon anglais"...
Atmosphère très paisible où l'on ne se lasse pas de regarder passer les femmes du village, leurs incroyables vêtements plein de couleurs et leur chapeau si typique !

Sur place, Mario, le responsable local de la communauté nous a accueilli avec un grand sourire. Il nous a ensuite conduit jusqu'à notre petit 9 mª - une bicoque construite en adobe (pavé de terre séchée). Richard, un péruvien travaillant sur un autre site archéologique de Caraz même, nous a accompagné pendant cette petite virée ... Il a eu très froid pendant la première nuit ... nous ; pas du tout - et pourtant on était seulement en caleçon dans les duvets ... on a donc bon espoir quant aux 3 semaines de nuits que l'on va passer à 3500 m !


Au cours de ces 3 jours, nous avons fait figure de "chose curieuse" pour la populace mais surtout pour les gosses du coin qui venaient s'agglutiner aux fenêtres de notre demeure pour regarder ces "gran pelos" cuisiner. L'après midi même de notre arrivée, nous sommes montés au site ; 40 minutes de grimpette dans un paysage qui devient de plus en plus magique ...
Nous avons laissé derrière nous des terrasses sublimement vertes de "papas" (patates), de carottes, pois, et fleurs. Un soin tout particulier semble être porté sur ces édifices de culture qui sont d'une propreté à faire jalouser les meilleurs jardiniers français. Ces champs sont séparés les uns des autres par des petits murets qui grâce à de rustiques - mais très efficaces - systèmes de canaux, permettent une irrigation optimale des cultures.
Il n'est pas rare de croiser dans ces petits chemins grimpant à la pampa, un taureau, une vache, un âne, ... guidé à coups de baguette agile par les campesinos du coin.
Comme de par chez nous, les bêtes sont conduites sur les hauteurs pour brouter les zones trop pentues pour être cultivables ... et de ce fait, pour éviter tout risque de saccage des récoltes par ces mêmes bêbetes, on a pu admirer de costauds et magnifiques murs pré-hispaniques bordant le chemin vers les pâturages supérieurs.
L'eau coule partout ici ! La verdure de certaines zones et la petite taille des campesinos nous donne l'impression d'être tombés au pays des Hobbits du "Seigneur des Agneaux".
Là aussi notre rapide ascension vers le site nous a permis de voir des petits "quebradas" - torrents - ingénieusement captés et dirigés vers les terrasses avoisinantes ...

Et paf, premières pierres, "chullpas" (tombes) et autres nous parviennent de Pueblo Viejo...
Le site est découpé en 3 parties ; une crête sur laquelle sont situés les ruines de l'ancien village fait le lien entre deux immenses zones terrassées qui viennent lécher le flanc du Nevado Huandoy.
Les bofedales sont, grâce à la saison des pluies, très visible - Gorgées d'eau, ces zones alimentaient par le passé toutes les terrasses du village ... aujourd'hui, un certain nombre de facteurs (environnementaux, sociaux ...) ont rendu leur fonctionnement méconnus des campesinos qui vont jusqu'à cultiver sur ces terrains.
Comme dans de nombreux endroits, la perte d'un savoir associée a un certain nombre de glissements de terrains ont aboutit à un manque d'entretien de ces "réservoirs souterrains" qui n'arrivent plus à alimenter correctement les réseaux de terrasses inférieures.
Bref, on ne va pas trop s'étaler, ... tout ce qu'on peut vous dire c'est que la vue de ce village est enchanteresse et que l'on arrive très très facilement à bloquer pendant quelques minutes, les fesses posées en surplomb du site en se demandant comment on a fait pour arriver ici !

Les 3 jours ont été accompagnés d'une pluie quelque peu agaçante mais qui aura eu le mérite de nous permettre d'aller a la pêche !
Fort motivés pour taquiner la truite péruvienne, nous avons en effet réussi a dénicher des hameçons, du fil et des plombs nous permettant de partir a l'aventure dans les quebradas...
Première expérience semble-t-il pour Sylv ... mais complètement infructueuse ! La forte pluie de la nuit précédente ayant fait augmenté considérablement le niveau du torrent !

Mais il en faut plus pour nous embêter dans ce petit village assommé par la pluie froide ; nous nous sommes tournés vers la confection de petites miches de pain comme le montre la photo ci-contre. Ces dernières ont ensuite, grâce à de délicats coup de poignets, été transformés en pain typique du coin : une sorte de galette plate !

Très marrant de mettre la "main à la pâte" et de cuisiner soit même son pain dans ces fours d'adobe ! Sylv pense pouvoir en confectionner un petit pour notre campement grâce à de sombres techniques secrètes de la secte "copain des bois" !
Sur ces considérations d'ordre mystique, nous vous laissons apprécier les photos et paysages !
On attend vos commentaires !
A la revoyure !